La problématique de la langue et de l’écriture chez Assia Djebar

Houria Bensalem

Résumé


Le français est, pour Assia Djebar, la langue de son univers romanesque, elle reconnaît : «j’écris en français, langue de l’ancien colonisateur, qui est devenue néanmoins et irréversiblement celle de ma pensée, tandis que je continue à aimer, à souffrir également, à prier (quand parfois je prie) en arabe, ma langue maternelle, je crois, en outre, que ma langue de souche, celle de tout le Maghreb, je veux dire, la langue berbère, celle d’Antinéa, la reine des Touaregs, où le matriarcat fut longtemps de règle, celle de Jugurtha qui a porté au plus haut l’esprit de résistance contre l’impérialisme romain, cette langue, donc, que je ne peux oublier, dont la scansion m’est toujours présente et que pourtant je ne parle pas, est la forme même où, malgré moi est en moi, je dis «non» comme femme et surtout, me semble-il, dans mon effort durable d’écrivain, langue dirai-je de l’irréductibilité».


Texte intégral :

PDF

Références


]- Mortimer, Mildred. «Entretien avec Assia Djebar, écrivain algérienne, in Research in African littératures, vol 19, n° 2, summer 1988, pp. 197-205.

]- Voir, Assia Djebar, l’amour, la fantasia, paris, librairie générale française, Albin Michel, 2001, p. 243.

]- Voir, IDEM, p. 220.

]- Lise Gauvin, Assia Djebar, territoires des langues, entretien, p. 79.

]- Jacques Derrida, le monolinguisme de l’autre, Paris, Galilée, 1996, pp. 74, 75.

]- Assia Djebar, l’amour la fantasia, op. cit, p. 208.

]- IDEM, p. 204.

]- Prix de la paix des éditeurs allemands (Francfort), 2000.

]- Voir Assia Djebar le romancier, p. 115.

]- Assia Djebar, L’amour, la fantasia, op.cit, p. 127.

]- Voir, IDEM, p. 229.


Renvois

  • Il n'y a présentement aucun renvoi.