Le Blanc de l’Algérie, œuvre historiographique et ré-écriture de l’Histoire

Fatima Boukhelou

Résumé


La communication examine la manière dont Assia DJEBAR entreprend, dans Le Blanc de l'Algérie, d'interroger les événements tragiques des années 90 en les juxtaposant à ceux de la guerre d'Indépendance puis de la postindépendance. . La première partie de l'analyse, placée sous le sceau de la mémoire vive, montre que la romancière-historienne, en reconvoquant le souvenir "vivant" des chers disparus, s'instaure elle -même témoin et réhabilite ainsi la notion du témoignage sous le sceau duquel elle se place dans la seconde partie 

Pareille entreprise exhibe le souci de Djebar de réécrire le Blanc de l'Histoire algérienne en comblant ses béances, en dotant les morts de traces/ sépultures dignes et à même de faire place aux vivants, lesquels, mettant fin à "l'autodévoration collective", réapprendraient enfin le dialogue.


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Références


- Michel de Certeau, L’écriture de l’Histoire, Paris, Gallimard, 1975.

-Assia Djebar, La Soif, Paris, Editions Julliard, 1957.

- Assia Djebar réalise deux longs-métrages, intitulés «La Nouba du mont Chenoua» en 1978, et «La Zerda ou le chant de l’oubli» en 1982, dans lesquels elle traite du statut de la femme et des archives audiovisuelles de la colonisation.

- Assia Djebar, L’Amour la fantasia, Paris, Albin Michel, 1985.

-Assia Djebar, Loin de Médine, Paris, Albin Michel, 1991.

-Mireille Calle-Gruber, Assia Djebar ou la résistance de l’écriture, Regards d’un écrivain d’Algérie, Paris, Maisonneuve et la Rose, 2001.

-Paul Ricoeur, La mémoire, l’histoire, l’oubli, Seuil, Paris, 2000, p. 511.

-Ce récit compte quatre parties intitulées successivement: «La langue des morts», «Trois journées», «La mort inachevée», «Ecrire le blanc de l’Algérie».

-Paul Ricoeur souligne l’analogie du souvenir «gravé» dans l’âme et celui gravé par écrit. Il explique que le second acte procède d’un souci de témoignage et d’historicisation. In La mémoire, l’histoire, l’oubli, op. cit., p. 17.

-Le Blanc de l’Algérie, op.cit., p. 17.

-Le Blanc de l’Algérie, op.cit., p. 17.

-Ibidem.

-Ibidem.

-P. Ricoeur, La mémoire, l’histoire, l’oubli, op.cit., p. 562.

- «Je fixe l’image du dernier instant : quand ils sont tombés l’un après l’autre, abattus, l’un debout, dressé de toute sa haute taille, au pied de l’escalier de son immeuble, lui la tête en une seconde trouée, le second, et le troisième, poitrine lacérée, déchirée au couteau, et il le cerclent, et ils l’ensanglantent, et…» op.cit., p.17.

-Marc Bloch, Apologie pour l’histoire ou Métier d’historien, Paris, Armand Colin, 1993-1997, p. 52.

-Paul Ricoeur, La mémoire, l’histoire, l’oubli, op. cit., p. 182.

-Paul Ricoeur, La mémoire, l’histoire, l’oubli, p. 207.

-Ibidem.

- Gilles Deleuze, Le Bergsonisme, Paris, PUF, 1966, p. 55.

- L’élucidation est à prendre ici au sens mammérien du terme, «J’ai toujours eu la passion de l’intelligence. Réduire l’obscur au point où il ne peut plus céder, comprendre pour pénétrer au cœur même des choses dont le poids, sans cela, nous écraserait.» Mouloud Mammeri, entretien avec Tassadit Yacine, AWAL, Hommage à Mouloud Mammeri, 1990, p. 71.

-Paul, Ricoeur, La mémoire, l’histoire, l’oubli, op. cit. p. 214.

-Le Blanc de l’Algérie, op. cit. p. 132.

-Le Blanc de l’Algérie, op. cit. p. 135.

-Le Blanc de l’Algérie, op. cit. p. 136.

-La troisième partie du récit, qui est la plus conséquente, est justement intitulée «La mort inachevée».

-Le Blanc de l’Algérie, op.cit., p. 136.

-Jacques Berque, cité par Assia Djebar, in Le Blanc de l’Algérie, op. cit., p. 231.

-Le Blanc de l’Algérie, op. cit., p. 154.

-Le Blanc de l’Algérie, op. cit., p. 154.

-Le Blanc de l’Algérie, op. cit., p.

-Le Blanc de l’Algérie, op.cit., p. 224.


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