L’écriture du désastre chez Assia Djebar (Oran, langue morte et Le Blanc de l’Algérie)

Mounira Chatti

Résumé


Les «fragments d’imaginaire», pour reprendre l’expression d’Assia Djebar, dont se compose Oran, langue morte (1996) convoquent une riche intertextualité littéraire, historique. L’écrivaine suggère une perspective de déconstruction, de distanciation, de recréation de l’héritage et du passé. Une écriture fragmentaire et discontinue forge une langue pour dire la mort, l’horreur de la violence, le travail de deuil. Cette «langue des morts» (in Le Blanc de l’Algérie) sous-tend cette «écriture du désastre» (Maurice Blanchot) où les histoires et les mémoires du passé et du présent s’entrechoquent. Dans un mouvement réflexif, Assia Djebar interroge son acte d’écrire : «Qu’est-ce qui a guidé ma pulsion de continuer, si gratuitement, si inutilement, le récit des peurs, des effrois saisi sur les lèvres de tant de mes sœurs alarmées, expatriées ou en constant danger ?» (in Oran, langue morte). Le désir d’atteindre le «lecteur absolu» (Francis Ponge) habite cette écriture de l’entre-deux (passé/présent, Algérie/France, histoire/conte, écriture/lecture)…


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Références


- Maurice Blanchot, L’écriture du désastre, Paris, Gallimard, 1980, p. 49.

- Ibid., p. 58. En italique dans le texte original.

- Ibid., p. 98.

- Eric Hoppenot, «Maurice Blanchot et l’écriture fragmentaire : “ le temps de l’absence de temps ”», L'Ecriture fragmentaire : théories et pratiques, Actes du 1er Colloque International du Groupe de Recherche sur les Ecritures Subversives, Ricard Ripoll (dir.), Éditions Presses Universitaires de Perpignan, 2002, 363 p.

- Assia Djebar, Oran, langue morte, Arles, Actes Sud, 1997.

- Assia Djebar, Le Blanc de l’Algérie, Paris, Le Livre de Poche, 2002.

- Ibid., p. 11.

- Ibid., p. 12.

- Oran, langue morte, op. cit., p. 378.

- Ibidem.

- «Les trois pommes / Histoire de la dame massacrée», in Les Mille et Une Nuits, traduction d’Antoine Galland, Paris, Garnier-Flammarion, 1965, volume 1.

- Jamel Eddine Bencheikh, Claude Bremond et André Miquel, Mille et un contes de la nuit, Paris, Gallimard, 1991, «Préface», p. 5.

- Ibid., p. 51.

- Oran, langue morte, op. cit., p. 210-211.

- Ibid., p. 209.

- Nassima Bougherara, «Assia Djebar, Oran, langue morte», in Mots, Décembre 1998, n° 57, p. 159, (p. 158-163).

- Oran, langue morte, op. cit., p. 209.

- Ibid., p. 191.

- Ibid., p. 166-167.

- Mille et un contes de la nuit, op. cit., p. 49.

- Oran, langue morte, op. cit., p. 194.

- Ibid., p. 199. En italique dans le texte.

- Ibid., p. 200. En italique dans le texte.

- Ibid., p. 211. En italique dans le texte.

- Ibid., p. 213. En italique dans le texte.

- Ibid., p. 166.

- Ibid., p. 189. En italique dans le texte.

- Ibid., p. 207. En italique dans le texte.

- Ibid., p. 169. En italique dans le texte.

- Ibid., p. 176.

- Mille et un contes de la nuit, op. cit., p. 39.

- Ibid., p. 17.

- «Des islamistes égyptiens veulent interdire Les Mille et Une Nuits», Le Monde, 5 mai 2010.

- «En Égypte, les Mille et Une Nuits échappent à l’interdiction», 9 juin 2010, http://www.livreshebdo.fr

- Cité par Christian Salmon, Tombeau de la fiction, Paris, Denoël, 1999, p. 39.

- Maya Boutaghou, «Peur de la fiction ? Le cas de la culture arabe moderne», in Fiction et cultures, Françoise Lavocat et Anne Duprat (dir.), Paris, SFLGC, 2010, p. 108 (p. 93-110).

- Oran, langue morte, op. cit., p. 373.

- Ibidem.

- Ibid., p. 55-56. En italique dans le texte.

- Ibid., p. 81.

- Ibid., p. 57. En italique dans le texte.

- Ibid., p. 16-18.

- Ibid., p. 207.

- Ibid. La «bleuite» désigne «la guerre secrète, à double ou triple visage» du capitaine Léger. Guendriche et Hani «devenus agents doubles à Alger dès l’été 1957, ils travaillent, plusieurs mois, sous la houlette de Léger, à une opération réussie contre l’état-major d’une zone de la wilaya III d’Amirouche, cela en janvier 58», p. 208.

- Ibid., p. 211.

- Ibid., p. 57. En italique dans le texte.

- Ibid., p. 211.

- Ibid., p. 218. En italique dans le texte.

- Ibid., p. 218.

- Ibid., p. 15. [Dante, La Divine Comédie, Enfer, I, 1, 2]. En italique dans le texte.

- Ibid., p. 56. En italique dans le texte.

- Ibid., p. 219. En italique dans le texte.

- Amel Chaouati, «Le miracle de la langue au service de la transmission», in Lire Assia Djebar !, Le Cercle des Amis d’Assia Djebar, Ciboure, La Cheminante, 2012, p. 87, (p.77-88).


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