Nedjma, sous le signe de l’historicisation, du mythe et de la postcolonialité

Boukhelou Fatima Boukhelou

Résumé


 « L’histoire est écrite par les vainqueurs, et elle a fait de nous les maudits, mais les amants vrais de la liberté vraie, » déclarait Mouloud Mammeri.

« Car notre histoire n’est écrite nulle part, mais aucun fil n’est jamais rompu pour qui recherche ses origines. »




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Références


- Mouloud Mammeri, Entretien avec Tassadit Yacine, AWAL, Cahiers d’Études berbères, Alger, 1990, p. 69.

- Kateb Yacine, Nedjma, Paris, Seuil, 1956, p. 157.

- Dans cet hommage que nous rendons à Kateb Yacine, nous ne pouvons nous empêcher de rendre un autre hommage à Abdelkébir Khatibi disant ceci de Kateb Yacine :« Je fus reconnaissant à Kateb -notre meilleur écrivain- de susciter en moi un encerclement mythique, ce contre quoi toute histoire s'effiloche. Nedjma, merveilleuse incandescence! Avec ce poète errant, j'ai réappris ma rue d'enfance et son énigme, l'égarement des souvenirs quand me harcelait la guerre. Il y a une parole qui ne se donne que conjurée, je me liais à Nedjma, je marchais un peu ivre, le regard lointain, puisque le chant de Kateb, par un parfait contrepoint, me menait entre le chaos retenu et l'aventure blanche. » Abdelkébir Khatibi, La Mémoire tatouée, Paris, Denoêl, 1975, p. 129-130.

- Jean El Mouhoub Amrouche avec son Essai sur L’Eternel Jugurtha (1946) est sans doute le premier à avoir opposé au mythe de l’éternel latin le contre-mythe de l’éternel Jugurtha.

- La mise en représentation de la figure de Nedjma relèverait, à notre sens, de la médaille et nous nous référons à cet égard à Paul Ricoeur pour qui « La médaille est le procédé le plus remarquable de représentation iconique capable de simuler la visibilité et par surcroît la lisibilité, tant elle donne à raconter en donnant à voir. » Paul Ricoeur, La Mémoire, l’histoire, l’oubli, Paris, Seuil, 2000, p. 348.

- Paul Ricoeur, La Mémoire, l’histoire, l’oubli, op. cit., p. 472.

- Ibid. , p. 475.

- Reinhart Koselleck, Le Futur passé. Contribution à la sémantique des temps historiques, Paris, Éditions de L’École des Hautes Études en Sciences sociales, 1979, p. 310.

- Ibidem.

- Nedjma, op. cit., p. 165.

- « Je vais à Constantine, dit Rachid. /-Allons, dit Lakhdar, Je t’accompagne jusqu’à Bône. » Nedjma, op. cit. , p. 275.

- « L’entrée de Lamoricière en personne la hache à la main et le sabre d’une autre… », Nedjma, op. cit., p. 166.

- Nedjma, op. cit., p. 187.

- Ibidem.

- Concepts que nous empruntons à Paul Ricoeur, La Mémoire, l’histoire, l’oubli, op. cit., p. 472.

- Paul Ricoeur, La Mémoire, l’histoire, l’oubli, op. cit., p. 472.

- « Car l’assomption de ce sentiment de reconnaissance, qui rend les vivants tributaires de leur passé, se traduit par la « résolution devançante », laquelle est « répétition du geste fondateur ».Martin Heidegger, Être et Temps, Authentica, 1985, p. 265.

- Martin Heidegger, Etre et Temps, op. cit., p. 265.

- Nedjma, op. cit., p. 196.

- L’isomorphisme entre les deux icônes de la patrie et de la femme aimée est indéniable. Et la patrie comme la femme aimée se fondent et se confondent, leurs traits et leurs caractéristiques fusionnent pour donner cet archétype de la terre/mère/ femme : « La terre comme l’onde, est prise au sens de contenant général. Le sentiment patriotique (matriotique) ne serait que l’intuition subjective de cet isomorphisme matriarcal et tellurique. La patrie est presque toujours représentée sous les traits féminisés : Athéna, Rome, Germania, Marianne ou Albion. »Gilbert Durand, Les Structures anthropologiques de l’imaginaire, Paris, Bordas, 1969, p. 263.

- Carl-Gustav Jung, Mysterium Conjonctionis, Tome II, Paris, Albin Michel, 1982, p. 125.

- Nedjma, op. cit., p. 139.

- « Le sommet de la Montagne Cosmique » n’est pas seulement le point le plus haut de la Terre ; il est le nombril de la Terre, le point où a commencé la création1. Mircea Eliade, Le Mythe de l’éternel retour, Paris, Gallimard, 1969, p. 23.

- Mircea Eliade, Mythes, rêves et mystères, Paris, Gallimard, 1957, p. 131.

- Ibid., p. 134.

- Nedjma, op. cit., p.145.

- Frantz Fanon, Les Damnés de la terre, Paris, Seuil, 1961, p. 26.

- Nedjma, op. cit., p. 57.

- Idem., p. 21.

- Idem., p. 32-33

- L’on ne peut s’empêcher de voir dans cette image de la bonne maltraitée l’image de toute cette Algérie meurtrie, exploitée et ensanglantée depuis l’aube de la colonisation.

- Idem., p.33;

- Edward Saïd, Culture et impérialisme, Paris, Fayard, Le Monde diplomatique, 2000, p. 335.


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