D’une langue, l’autre: traduire Djebar en occident

Clarisse Zimra

Résumé


Ayant eu le privilège et l’audace de faire démarrer la première traduction officielle d’une de ses œuvres aux Etats-Unis, Femmes d’Alger aux presses universitaires de Virginie (1999), j’eus le bonheur de recommencer avec Les Enfants du Nouveau monde pour The Feminist Press (2006) à New York. J'ai ainsi mis la main à la pâte au moins sur ces deux œuvres fondamentales du corpus djébarien.


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Références


- Férue de littérature francophone à l’université du Witwatersrand, Blair avait commencé avec Birago Diop en 1966 pour Oxford Press. Rejoignant Quartet Books en Angleterre, elle se concentra sur Maghreb et Mashrek : Djebar (Fantasia 1983 ; Sheherazade 1985) ; Djura (Silence 1990) ; Lemsine (Porphiry Sky 1991, Chrysalis 1993) ; Maalouf (First Century 1992, Tanios 1993) ; Sebbar (Sherazade 1998). L’année de Far from Madina, elle sortait en même temps un roman d’Amin Maalouf et un autre d’Aicha Lemsine, un rythme de travail étourdissant.

- Les précisions de genre demandent discipline linguistique quand il s’agit d’un texte où tout tourne sur la distinction rawit / rawiyat. Cf. l’excellente étude de Rim Hassen, «Translating Women in Assia Djebar’s Far From Madina», dans Palimpseste nº 22 (2009), pp. 61-82.

- Elle en parle encore dans Ces Voix qui m’assiègent (Albin Michel 1999), pp. 86-87. De la même eau, ses remarques au colloque de Yale University 2002, “Algeria 1962-2002: Writing Independence”.

- New York Times, 12 Octobre 1958, p.12.

- Genette, Nouveau discours du récit (Seuil 1983) ; Lejeune, Pacte autobiographique (Seuil 1975).

-Etudes sociales nord-africaines, «Regards sur la Littérature maghrébine» 1957. La Soif remporte le prix de l’Algérienne, décerné par le périodique Algeria (dir. Pierre Furnari, Alger).

-L’incompréhension perdure devant le prix Nobel décerné à Alice Munro, pour “ce genre cendrillon” disait Jonathan Franzen qui, dans un article du 14 novembre 2004 pour le New York Times, “Alice’s Wonderland”, encensait cependant sa pratique.

-Je tentai de le démontrer à plusieurs reprises, dont «Autobiographie et Je/Jeux d’Espace» in Postcolonialisme et Autobiographie , Hornung & Ruhe (dir.) (Rodopi 1998), pp. 117-135.

-In Yale French Studies nº87 (1995), “Disorienting the Subject in Djebar’s L’Amour, la fantasia “ pp. 149-71.

-Il s’agissait de la première version, sans la nouvelle supplémentaire que Djebar retrouva «un soir par hasard» dans les tiroirs de son bureau en 2001 et qu’elle va rajouter dans la version Poche de 2004, avant de s’en servir pour Femme sans sépulture. Autant dire un motif récurrent.

- Du moins en était-ce ainsi dans les feuillets que j’ai pu parcourir, pages manuscrites entre-mêlées qu’elle traînait partout dans son cartable, au cas où l’inspiration la saisirait sur une terrasse de café, lieu d’écriture favori à New York, Paris, Bâton-Rouge ou Abu-Dhabi.

-France Observateur du 24 mai 1962, “La nouvelle algérienne”.

-Plé, «Naissance de l’auteure entre deux mondes», U. Stendhal 209-20010, mémoire sous la direction de Daniel Lançon. Bon, La littérature algérienne de langue française et ses lectures, (Sherbrooke : Naaman 1974, p. 135). N. Redouane et Benayoun-Szmidt, Parole plurielle d’Assia Djebar sur son Œuvre (L’Harmattan) 2008, pp. 23-24.

-Jean Blain donne un c.r. flatteur de l’autobiographie, Penser entre les langues chez Albin Michel 2012 dans L’Express-culture du 18 Oct. 2012, «Heinz Wissman, penseur en langues».

-A commencer par le fameux et délicieux “Is There a Text in this Class” (qu’on pourrait traduire insolemment par “Alors, on lit quoi dans vot’ cours ?”). Maintes fois cité et reproduit sur la toile et les anthologies critiques, on en trouve une version dans le livre du même titre (Harvard 1980).

-Pour une critique des traductions: John Donne (Gallimard 1995), désignant «ce-à-partir-de-quoi l’agir du traducteur a sens et peut se déployer, elle pointe l’espace ouvert de cet agir» (pp. 80-81).

- Dans la foulée derridéenne, «La langue se poserait donc ici comme le lieu d’une traduction par définition intraduisible, puisque son original – l’expérience – ne s’offrirait en tant que tel que dans sa propre traduction. L’expérience mise en langue serait ainsi une traduction sans original. Car la langue serait elle-même son propre «hors langue». Moraes in PLURAL PLURIEL (Revue des cultures de langue portugaise nº7, 2010. [En ligne URL: www.pluralpluriel.org. ISSN: 1760-5504].

- Ces Voix, p. 95.

- Derrida, Le Monolinguisme de l’autre (Galilée 1996) répond en inter-texte à Khatibi, Du Bilinguisme (Denoël 1985). Jeune critique courageux dès 1968 Khatibi l’avait défendue contre ses détracteurs, dont Mostefa Lacheraf ; cf. Le Roman maghrébin ( Rabat: SMER), re-édité en 1978.

- Ces Voix, p. 25.

- Je pense à Kristeva qui avance dans Polylogue (Seuil 2008) que toute langue rythmée fait déraper le visuel vers/dans le sonore, en opérant une «exclusion de l’oeil par l’oreille» p.194.

- En témoigne l’énorme quantité d’études de toutes sortes qui, en un demi-siècle, ont essayé de rendre justice à une œuvre protéiforme, insaisissable dans sa mouvance; cf. le site qui lui est réservé dans IMAG.


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